Blog → Ian Anderson - Thick as a Brick 2 - 2012
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Nombreux seront les disciples mélomaniaques à invoquer la fameuse ILA (indulgence liée à l'âge) lorsqu'il s'agira de célébrer cette opération nostalgique, d'autant plus qu'il n'est pas donné à tout le monde d'avoir l'audace, à presque 65 ans, de concevoir un successeur à ce que le Religionnaire considère comme le meilleur parmi les meilleurs des albums prog de la grande époque… Ce qui démarquait d'ailleurs Thick as a Brick de ses rivaux n'est pas tant l'absence remarquable d'affaiblissement mélodique que son allure parodique tout à fait singulière, pointant avec délice la grande futilité des développement extra-musicaux de ces mêmes rivaux : conceptualisation, théâtralisme, bruitisme ou sonorisme etc. La dérision de Ian Anderson n'ayant pas aussi bien traversé les années que son grand narcissisme, celui-ci décide, peut-être également pour des raisons financières obscures, de sortir ce successeur sous son propre nom, ou plutôt sous l'appellation Ian Anderson de Jethro Tull, et de poursuivre le concept en explorant les différents destins potentiels du fameux Gerald Bostock dont il était question en 1972, et qui devrait avoir 50 ans en 2012. Il s'agit alors d'une occasion rêvée pour le flutiste de se rassurer au sujet de ses choix personnels et décisions professionnelles, ces dernières demeurant sources d'une régression artistique constante, pour ne pas dire progressive depuis ce fameux sommet.
Si succéder à Thick as a Brick peut constituer un atout sur de nombreux plans, il s'agit certainement d'un fardeau, voire d'un boulet au niveau musical. Si TAAB2 fait bonne figure face à toutes les abominations publiées par Ian Anderson depuis les années quatre-vingt, il inspire une certaine pitié au Religionnaire lorsqu'il fait référence à l'original, c'est à dire souvent, ne serait-ce déjà que lors d'un coup d'œil sur la pochette. Les ritournelles sont là, mais semblent davantage succéder au diptyque champêtre de la fin des années soixante-dix et aux divagations façon musique du monde vingt ans plus tard, tandis que d'autres s'apparentent même aux dégoulinades claptionniennes des années quatre-vingt. Les quelques reviviscences attendues évoquent forcément un Thick as a Brick pour maison de retraite, une maison dans laquelle tout est ralenti, y compris le leitmotiv de "Old School Song", très séduisant, et autour duquel l'album aurait du tourner. Hélas, Ian Anderson ne disposant plus du souffle de sa jeunesse, il doit se modérer sur la plupart des titres, d'autant plus qu'il envisage d'enchainer sur scène les deux œuvres dans leur totalité. La mélodie dominante, qui surgit régulièrement au fil des chansons, notamment sur "Banker Bets, Banker Wins" et "Wootton Bassett Town", séduit sans franchement enthousiasmer. Les riffs peinent à éveiller la chair de poule religionnarienne, y compris sur le sympathique "Shunt and Shuffle" où l'ont peut trouver les moins mauvais d'entre eux. Ceux qui attendaient également des petits délices folk n'obtiendront que des petites ballades acoustiques de synthèse, parfois accordéonnées, et se consoleront maigrement avec la petite minute douze de "Give Till It Hurts".
Vanté par beaucoup comme un retour gagnant, ce TAAB2 ne fait que nous rappeler que Ian Anderson, et donc Jethro Tull, ne sont pas morts. Le Religionnaire lui préfère amplement l'album de Noël de 2003 qui fut, lui, un véritable retour gagnant. TAAB2 n'est pas pour autant mauvais, mais juste empreint de lenteur et d'insipidité, ce qui ne l'empêche pas pour autant de surpasser A Passion Play évidemment…
Retrouvez cet article sur Destination Rock et bien plus encore
Ian Anderson - Thick As a Brick 2 - progressive rock
8 Abr 2012, 10:25
Nombreux seront les disciples mélomaniaques à invoquer la fameuse ILA (indulgence liée à l'âge) lorsqu'il s'agira de célébrer cette opération nostalgique, d'autant plus qu'il n'est pas donné à tout le monde d'avoir l'audace, à presque 65 ans, de concevoir un successeur à ce que le Religionnaire considère comme le meilleur parmi les meilleurs des albums prog de la grande époque… Ce qui démarquait d'ailleurs Thick as a Brick de ses rivaux n'est pas tant l'absence remarquable d'affaiblissement mélodique que son allure parodique tout à fait singulière, pointant avec délice la grande futilité des développement extra-musicaux de ces mêmes rivaux : conceptualisation, théâtralisme, bruitisme ou sonorisme etc. La dérision de Ian Anderson n'ayant pas aussi bien traversé les années que son grand narcissisme, celui-ci décide, peut-être également pour des raisons financières obscures, de sortir ce successeur sous son propre nom, ou plutôt sous l'appellation Ian Anderson de Jethro Tull, et de poursuivre le concept en explorant les différents destins potentiels du fameux Gerald Bostock dont il était question en 1972, et qui devrait avoir 50 ans en 2012. Il s'agit alors d'une occasion rêvée pour le flutiste de se rassurer au sujet de ses choix personnels et décisions professionnelles, ces dernières demeurant sources d'une régression artistique constante, pour ne pas dire progressive depuis ce fameux sommet.
Si succéder à Thick as a Brick peut constituer un atout sur de nombreux plans, il s'agit certainement d'un fardeau, voire d'un boulet au niveau musical. Si TAAB2 fait bonne figure face à toutes les abominations publiées par Ian Anderson depuis les années quatre-vingt, il inspire une certaine pitié au Religionnaire lorsqu'il fait référence à l'original, c'est à dire souvent, ne serait-ce déjà que lors d'un coup d'œil sur la pochette. Les ritournelles sont là, mais semblent davantage succéder au diptyque champêtre de la fin des années soixante-dix et aux divagations façon musique du monde vingt ans plus tard, tandis que d'autres s'apparentent même aux dégoulinades claptionniennes des années quatre-vingt. Les quelques reviviscences attendues évoquent forcément un Thick as a Brick pour maison de retraite, une maison dans laquelle tout est ralenti, y compris le leitmotiv de "Old School Song", très séduisant, et autour duquel l'album aurait du tourner. Hélas, Ian Anderson ne disposant plus du souffle de sa jeunesse, il doit se modérer sur la plupart des titres, d'autant plus qu'il envisage d'enchainer sur scène les deux œuvres dans leur totalité. La mélodie dominante, qui surgit régulièrement au fil des chansons, notamment sur "Banker Bets, Banker Wins" et "Wootton Bassett Town", séduit sans franchement enthousiasmer. Les riffs peinent à éveiller la chair de poule religionnarienne, y compris sur le sympathique "Shunt and Shuffle" où l'ont peut trouver les moins mauvais d'entre eux. Ceux qui attendaient également des petits délices folk n'obtiendront que des petites ballades acoustiques de synthèse, parfois accordéonnées, et se consoleront maigrement avec la petite minute douze de "Give Till It Hurts".
Vanté par beaucoup comme un retour gagnant, ce TAAB2 ne fait que nous rappeler que Ian Anderson, et donc Jethro Tull, ne sont pas morts. Le Religionnaire lui préfère amplement l'album de Noël de 2003 qui fut, lui, un véritable retour gagnant. TAAB2 n'est pas pour autant mauvais, mais juste empreint de lenteur et d'insipidité, ce qui ne l'empêche pas pour autant de surpasser A Passion Play évidemment…
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