Red Fang - Murder The Mountains - 2011

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23 Feb 2012, 10:00



Portland Oregon. Un coin dont on ne pensait plus entendre parler depuis la déchéance des Portland Trailblazers – sa franchise NBA - en 1995, année de la fuite conjuguée de Drexler, Porter et C. Robinson, encore aujourd’hui les trois meilleurs scoreurs de l’histoire du club. Il ne restera de cette époque que le souvenir d’un maillot d’une laideur incommensurable et de quelques bandeaux dans les cheveux. Fin de l’histoire, plus personne n’en aura jamais plus rien à foutre de ce bled portuaire coincé entre Los Angeles et Seattle. D’autant plus en matière de musique, puisque les deux métropoles qui enserrent l’Oregon sont de hauts lieux du rock ne laissant aucune place sur la cartographie des musiques lourdes sur cette cote des USA. Pourtant dans l’ombre des docks, quelques groupes prennent de l’assurance et ainsi nait une scène, portée par Grails, Danava et Red Fang, quatuor de bouseux assumés, fans invétérés de hard rock sous toutes ses formes et désireux de le compiler, de le broyer et de le rendre par le biais de leur musique. Commencé comme un groupe de punk teigneux, la bande de Maurice Bryan Giles et David Sullivan a su faire évoluer son jeu et se positionner comme candidat sérieux à une carrière de All Star. Après avoir fait tourner quelques têtes à coup de titres décomplexée et de clips hilarants (Hey Gandalf, Nice Dress !) en 2009, Red Fang poursuit sa quête de synthèse de heavy metal et passe un cap avec Murder The Mountains, opus paru chez Relapse Records en 2011.

Complètement concerné par cette nouvelle génération de groupes puisant leurs influences dans toutes les strates du hard rock, que l’on nomme rétro rock et que l’on classe souvent dans stoner - dans le doute -Red Fang sonne finalement comme un Mastodon qui aurait mis de coté son complexe de supériorité. Plus direct, viscéral, contenant son lot de références (Motörhead, les Queens of The Stone Age, The Melvins, Black Flag…), la musique de la formation s’écoute sans mal et tient la longueur, ce qui n’était pas la cas de leur premier effort, finalement assez pénible une fois les quelques tueries (« Prehistoric Dog », « Night Destroyer ») passées. Murder The Mountains apparait alors plus solide de bout en bout. Bourré raz la gueule de refrains qui marchent (« Throw Up », « Hank Is Dead ») et de riffs de bucherons (« Wires », « Into The Eye »), ce disque est autant cohérent que multi-influencé : dans la ligné de la scène de Savannah ou des groupes de stoner modernes, Red Fang fait du neuf avec du vieux, balance un groove insolent, fait cracher les guitares et s’autorise même une incursion bienvenue dans le psyché, le temps de « The Undertow », passionné et planant.

Red Fang frappe fort avec son second opus et se positionne directement comme challenger aux grands pontes du style. Entouré d’un hype rare et auréolé d’un énorme concert sous une Terrorizer Tent bondée au Hellfest, le combo a de beaux jours devant lui. Cela ferait presque oublier que cet album est bon, sans être exceptionnel. Le prochain le sera surement.

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